Mazel Love, Lana Calzolari

Sens Editions – 2026

Invitée à participer à un mariage juif par sa meilleure amie Yaël, Sabrina rencontre Simon dont elle tombe amoureuse. Après six mois d’une relation profonde, elle lui offre en cadeau la clé de son appartement, symbole du désir de partager sa vie avec lui.

Simon ne peut répondre à son aspiration. Sabrina est une goya (non juive). La jeune femme décide de se convertir malgré les mises en garde de Yaël.  Elle rencontre  le grand Rabbin de Genève pour envisager sa conversion. Apprendre la langue de la Torah, suivre les commandements hébraïques, adopter une nouvelle vision des choses et participer à de nombreuses fêtes avec leurs rituels exigent beaucoup d’efforts. Cependant, aiguillée par son amour pour Simon et par sa jalousie à l’encontre d’une femme qui le désire, elle persévère.

Son travail de RH,  ses séances psy l’aidant à composer avec ses fragilités et sa formation religieuse ne lui laissent guère le temps de penser à autre chose. Petit à petit, son intérêt pour la tradition juive et son application au quotidien prend toute la place et ses sentiments pour Simon s’estompent. Un jour, elle décide de se rendre à Cracovie, en Pologne. La visite organisée de ce camp de concentration la trouble et des questions surgissent. Sabrina décide de confier ses doutes au Grand Rabbin.

Extrait p. 171 

(Le Grand Rabbin) –  « C’est à vous seule de décider si vous voulez poursuivre votre conversion. Personne ne vous jugera si vous renoncez, Sabrina. Souvenez-vous : on ne se convertit jamais pour autrui… seulement pour soi. »

Il avait appuyé sur ce dernier mot. Je sus aussitôt qu’il faisait référence à ma motivation. L’amour d’un homme. Ce n’était plus de lui qu’il s’agissait, mais d’une quête bien plus vaste. Le chemin que j’avais emprunté m’avait autant élevée que blessée au plus profond de ma chair. J’avais affronté l’obscurité pour faire naître ma propre lumière. J’avais voulu devenir juive pour trouver un sens, un refuge, une place dans ce monde. Mais avait-on réellement besoin d’appartenir pour être ? Et si oui, jusqu’où pouvait-on se transformer sans se perdre.

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L’héroïne est attachante. Soutenue par l’amitié de Nora et Yaël, Sabrina trace son propre chemin. Elle va trouver le courage de questionner son père sur la mort de sa mère et va découvrir un homme tendre et vulnérable, loin de l’idée qu’elle s’en était faite. Sachant d’où elle vient, elle va pouvoir progresser vers l’autonomie avec l’aide de son thérapeute qui l’incite à se faire confiance. Ses deux ans d’initiation au judaïsme l’on aidée à mûrir. Ainsi, Sabrina se sent-elle prête à entamer une nouvelle existence, plus libre et plus large, en appui sur ses propres forces.

Un roman intéressant, sensible où l’amitié tient une place importante. Entre Nora et Yaël, loin des clichés féministes ou religieux, Sabrina va trouver sa voie et commencer à s’épanouir. Un cheminement à la fois intérieur et factuel teinté d’humour et de tendresse.

Recension Anne-Catherine Biner, rédactrice WBL

 

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