Ski, Guillaume Rihs
Editions Slatkine 2026
Guillaume Rhis revisite son histoire autour des souvenirs qui ont marqué son enfance. Ses vacances passées au chalet du Boquillon à la Barboleuse sur la commune de Gryon. Les activités et les jeux partagés avec son frère et les enfants de leurs voisins. Malgré la différence de fortune avec les Chappuis, qui a marqué l’auteur dans ses effets les plus évidents, quelques beaux moments sont restés dans sa mémoire :
Extrait p. 52
L’atelier terminait l’édifice (chalet du Boquillon). Du temps de mon grand-père, il avait été son espace privé, il ne s’ouvrit pour nous qu’à sa mort : sciure, poussière, râteliers ployant sous les outils. Le chalet, son jardin, ses pentes et ses mauvaises herbes nécessitaient une batterie d’instruments. Mon grand-père disparu, la rouille s’y invitait. Nous fils Rihs et Chappuis prélevâmes ici des trésors . Nous clouâmes, vissâmes, usâmes de sparadrap et de désinfectant. Quels garçons créatifs nous faisions ! Rémy, Sébastien, Jérôme, Alain et moi construisîmes un flipper d’une planchette, de clous et d’élastiques, nous y avons joué plusieurs années, l’avons reconstruit chaque fois qu’il s’est cassé.
La narration se présente sous la forme d’un un va et vient passé-présent avec en arrière-plan le développement des sports de neige, notamment le ski, la modernisation des équipements et des remontées mécaniques. Et l’évolution inévitable des liens qui lui laisse parfois un petit goût d’amertume.
Le paradis blanc n’étant plus ce qu’il était et la société pas davantage, l’auteur nous offre une relation de l’expérience de ski vécue par ses enfants dans des structures aménagées pour le plaisir et le confort des plus petits sous l’œil attendri des adultes.
Extrait page 25-26
Devenus parents, nous prenons la mesure du grand luxe hivernal : le prix des remontées mécaniques et des appartements à louer.
[…] Doucement, Manon Rihs et son ami William descendirent de premières pistes peu pentues avant de remonter en tapis roulant. Le jeudi, à l’issue de son dernier cours, ma fille en demandait encore. Le goût de la glisse lui était venu. Elle s’épanouissait sur cette place de jeu hors norme, protégée par des barrières gonflables à deux mille quatre cents mètres d’altitude, dominée par des roches dégoulinantes d’ombres, cernée par des crevasses au cœur d’une géographie, où si l’on rate la dernière cabine, l’on ne survit pas une nuit, où, pendant des millénaires, pas un être humain ne posait le moindre ski.
Aujourd’hui : un Jardin des neiges pour enfant de quatre à six ans.
Un petit ouvrage bien écrit. Une lecture agréable. À emmener avec soi pour passer un bon moment.
Recension Anne-Catherine Biner, rédactrice WBL
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