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Vit à Genève. Après des études en communication et en histoire de l'art, elle est à la tête d'une institution muséale au sein du Département de la culture.
Son premier roman, "Exit Adonis", lui a valu le Prix Georges-Nicole en 2007. Elle a également été lauréate d'une bourse Nouvel auteur de la Commission consultative pour la mise en valeur du livre de Genève en 2007 ainsi que du Prix Atelier Studer/Ganz en 2009. "Il y a toujours un rêve qui veille" est son deuxième roman. "Il y a toujours un rêve qui veille" Résumé
Réflexion protéiforme sur la question du manque, Il y a toujours un rêve qui veille est le deuxième roman de Nathalie Chaix. Questionnant l’amour et la création, elle écrit ici un roman d’aujourd’hui. Elle ausculte le spleen amoureux de sa génération. En romancière du corps et de l’intériorité, elle examine les désirs et les sentiments de vide intérieur de Violetta, une jeune photographe, et des personnages qui gravitent autour d’elle, révélant une touchante galerie de portraits.
Extrait Inventaire V (ce qu’on veut obtenir) On fume des cigarettes on fume des pétards on achète des jupes et des rouges à lèvres on vide des frigos on remplit des placards des armoires on vérifie quinze fois les messages du téléphone, pas de nouveau message on veut obtenir, on ne sait pas quoi, on ne sait pas pourquoi, on veut on se regarde dans le miroir on se ronge les ongles on rogne ses stylos on vide son compte en banque on fait des listes/on fait le touriste on mange on mange encore on dort pour oublier on espère on n’apaise pas on ne répare pas on croque du chocolat on veut une grosse voiture on achète des animaux de compagnie plus chers qu’un mois de SMIC on veut un manteau qui coûte un demi-salaire on collectionne les chaussures, c’est chic on remplit des agendas on s’agite déjeuner cette semaine, désolé, pas possible, tous mes midis sont pris on s’enfile des films des séries, six épisodes à la suite on remplit des frigos des placards des armoires on comble les rides avec des crèmes plus chères que le caviar on consomme des antidépresseurs on avale des anxiolytiques, dont on retrouve les traces dans l’eau du robinet on rêve de thalasso on se met à découvert on souscrit des crédits et encore un autre pour la nouvelle télé écran plat super technologique on attend des lettres qui ne viennent pas jamais on ouvre des factures on ouvre quatre-vingts mails par jour on boit neuf cafés par jour on remplit on refait des listes on photographie on entasse on empile on achète des disques durs externes on stocke on mâche des chewing-gums on boit du vin du whisky du gin tonic on se bourre la gueule on se pèse on vomit on prend des diurétiques on botoxe on comble, illusion on envie on accumule on jalouse ceux qui ont plus on critique on additionne on falsifie on triche on veut plus, on ne sait pas pourquoi on veut obtenir.
Nathalie Chaix, "Il y a toujours un rêve qui veille", Editions Bernard Campiche, 2010.
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